Voix du Cybervolontariat

Irene Amodei
05 novembre 2007

Vous pouvez les appeler de différentes façons: volontaires virtuels, e-volontaires, volontaires en ligne, cyber-activistes, etc. Généralement, nous utilisons le terme de cyber-volontaires, en raison du rôle qu'ils jouent dans notre Programme CyberVolontaires.

Mais quel est le profil typique d'un cyber-volontaire? Jeune, ou presque, accro aux TIC ou simplement motivé a mettre ses compétences, ses talents et sa créativité infinie au service d'un projet de développement ou humanitaire. La gamme d'activités où il peut s'engager est très vaste: organisation de séminaires et cours sur les TIC, dessin du matériel préparatoire, programmation et développement de logiciels, création de sites web, installation et maintenance de réseaux informatiques, traduction en ligne.

Le 25 septembre dernier, dans le cadre du Forum "Jeunesse et TIC" organisé à Genève par l'Alliance Globale pour les TIC et le développement (GAID) et l'Union Internationale des Télécommunications (UIT), ICVolontaires a organisé un atelier dédié au Cyber-volontariat: une solution du Millénaire pour le Développement par des Jeunes Africains. Plus de 10 cyber-volontaires ont présenté leurs expériences pratiques, leurs espérances et leurs craintes relatives aux TIC et au volontariat virtuel dans leurs pays.

Togola Tidiani, un cyber-volontaire actif dans le réseau d'ICVolontaires-Mali, a présenté "Web Resolequa" (qui signifie: le web qui résout les équations), un logiciel intégré de mathématiques, de physique, de chimie et d'ingénierie.

"Web Resolequa est une plateforme, mais aussi une communauté, un bureau virtuel, qui permet à des professionnels de trouver un espace commun. Ainsi, la communauté Resolequa est une grande famille, regroupant des professeurs, des élèves et des étudiants et des professionnels des entreprises. Cette plateforme répond à deus besoins: l'éducation et le partage de connaissances. Les étudiants peuvent y trouver des publications ou les déposer eux-mêmes et, du côté professionnel, le passage du savoir au savoir-faire est assuré. Nous avons, par exemple, mis en place le réseau électrique de 1800 logements sociaux à Bamako. Le site est collaboratif et tout le monde peut contribuer et ajouter ses propres ressources."

Mark Foukou-Mfoutou, officier d'Azur Développement, une ONG active au Congo-Brazzaville, a présenté les domaines d'action de l'organisation, qui, entre autres, développe des actions en faveur des plus vulnérables, des femmes et des enfants qui vivent avec le VIH/SIDA, des victimes de violence et des orphelins.

"Notre aspiration est de donner la parole aux personnes marginalisées et ignorées, qui sont sans voix et qui n'ont pas accès aux médias traditionnelles, soit parce qu'elles sont pauvres, soit parce qu'elles abordent des sujets qui ne retiennent pas l'attention des journalistes. Depuis 2003, nous travaillons avec des cyber-volontaires. Parmi eux, il y'a nos premiers webmasters qui ont créé notre site web depuis l'Italie et le Canada. Nous avons également une équipe de traducteurs en ligne et de conseillers de projets en Afrique et aux Etats-Unis. Notre organisation coordonne un blog où 215 membres institutionnels et individus engagés dans la lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose, impliqués dans le Réseau SIDA Afrique donnent leur avis, partagent des photos et animent des discussions. Les personnes vivant avec le virus elles mêmes ont besoin d'un moyen d'expression qui ne les expose pas aux préjugés du fait de leur séropositivité."

Chantal Daniels, d'ICVolontaires en Afrique du Sud, a manifesté son inquiétude par rapport au manque de connectivité dans son pays.

"Dans ma communauté, qui se trouve à 45 kilomètres du centre du Cape et  qui compte une population de 30'000 habitants, les gens, particulièrement les jeunes, n'ont pas encore bien compris la valeur et les nombreux bénéfices que peuvent être tirés des TIC et de leur utilisation. Pour la plupart d'entre eux, le fait d'avoir un ordinateur et une  connexion d'Internet est encore un luxe, et non  un besoin. Je voudrais vous donner deux petits exemples des défis que ces jeunes doivent affronter dans leur vie quotidienne. A la bibliothèque publique, il y a seulement trois ordinateurs. Chaque jour, chaque étudiant a le droit à 45 minutes de connexion à Internet, mais 10 minutes sont perdues à attendre que la page principale s'ouvre. Résultat... les étudiants finissent par utiliser les livres pour leurs recherches. Pour ce qui concerne l'Ecole Primaire de la communauté, elle ne dispose d'aucun ordinateur. Aucune forme d'alphabétisation informatique y est enseignée et avec un peu de chance, les petits étudiants ont pu voir un ordinateur (peut-être celui d'un voisin), mais n'ont pas eu la possibilité de s'en servir. Alors, la question que je me pose est la suivante: que va-t-il se passer une fois ces jeunes iront à la Fac? Moins exposés aux TIC et moins connectés au village global que leurs collègues, ils seront sûrement moins productifs et auront moins accès aux innombrables possibilités qui existent dans ce monde."

Pour des informations complémentaires sur le Forum Jeunesse de GAID, voir www.un-gaid.org/en/gfyouth.

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Vous avez également la possibilité d'écouter le Podcast de la session.

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